Carl rogers

Carl rogers, une notion de vie pleine

Carl Rogers est le père fondateur de l’Approche Centrée sur la Personne. En plus d’être un grand psychologue issu du courant de la Psychologie humaniste comme l’était par exemple Abraham Maslow, il fut également une personne reconnue pour avoir œuvré pour la paix dans le monde. Pour ma part, la découverte de son approche et de ses travaux a considérablement influencé ma vie. Cela m’a permis d’emprunter la voie que je suis aujourd’hui. Je vais dans ces quelques lignes faire une description d’une notion chère à Rogers . Cette dernière illustre cette influence qu’a ce concept sur ma vie. J’espère que cette lecture vous nourrira également.

Un processus de vie…

Donc, je vais aborder, ici, cette idée d’une vie pleine. Carl Rogers définit cette notion comme une direction et non une destination, un processus permanent et non un état figé. Cette direction est choisie par l’organisme quand celui-ci se trouve libéré psychologiquement une fois que “ les défenses mentales” sont tombées. Pour ce psychologue humaniste, être dans une vie pleine n’est pas une question de bonheur ou de vertu. Ce n’est pas non plus en lien avec le fait de réduire les tensions impulsives ou de se retrouver dans un état d’équilibre. Pour ce chercheur, cela résiderait en une ouverture accrue à l’expérience. Cette ouverture correspond au fait de reconnaître en soi les sentiments qui nous traversent dans les différentes situations que nous rencontrons. Que celles-ci soient agréables ou difficiles à vivre. C’est ce qu’il appelle une vie existentielle accrue, en conscience dans le moment présent.

…pour quels effets ?

Mais quels en sont les effets ? Quel intérêt d’aller côtoyer notre organisme total ? Je relèverai ici quatre conséquences, parmi sans doute d’autres, que nous propose Rogers: « la liberté et le déterminisme », « la créativité »,  « une vision positive de la nature humaine » et « une plus grande richesse de vie ».

La liberté et le déterminisme

Tout d’abord « la liberté et le déterminisme » sont les premiers effets positifs, qu’une personne côtoyant le processus de vie pleine développe. Contrairement à une personne en lien avec ses modes de défenses, faisant des choix en déformant ou refusant certaines parties de ses difficultés et se retrouvant dépendant d’éléments précédents, au final donc peu libre, la personne fonctionnant pleinement connaîtra une liberté de choix. Plus elle utilisera cette liberté plus ses choix seront efficacement traduits dans son comportement.

La créativité

Ensuite, la créativité sera aussi une des capacités développées par une personne qui est totalement ouverte à son expérience. Sa confiance dans le fait de pouvoir construire positivement des relations nouvelles avec son environnement lui apporte un style de vie créateur. Cette personne sera capable de s’adapter sainement à tous types de conditions, qu’elles soient anciennes ou nouvelles. Elle ne fera pas forcément preuve de conformisme ou ne sera pas nécessairement adaptée à son environnement culturel. Et surtout, elle sera suffisamment en harmonie avec elle-même pour pouvoir répondre à ses besoins.

Carl rogers

Une vision positive de la nature humaine

Le troisième effet cité par Rogers est le fait qu’une personne pleinement ouverte à son expérience, libre de ses choix sera une personne qui agira de manière constructive et sera digne de confiance. Nous sommes ici en contact avec un des principes fondateurs de la psychologie humaniste et de l’approche centrée sur la personne qui est que la nature humaine est fondamentalement positive si on permet aux personnes de se libérer de leurs attitudes de défense. Dans une vie pleine, l’individu tend vers une socialisation qui s’accroît.

Une plus grande richesse de vie

Le dernier effet positif est que les personnes étant dans ce processus vivent une intimité avec eux-mêmes accrue. Elles sont beaucoup plus sensibles à leurs sensations. Ces personnes ressentent et vivent plus pleinement les émotions qui les traversent, qu’elles soient agréables ou douloureuses. Elles ont confiance en leur faculté pour faire face à ce qui se présente dans la vie.

Carl Rogers : vision d’un processus thérapeutique

Je viens de décrire, de façon synthétique, ce processus dynamique de l’ouverture à l’expérience que permet une « vie pleine ». J’ai explicité ses effets positifs sur le fonctionnement d’une personne. Par la suite, je vais aborder maintenant le processus thérapeutique qui favorise l’accès à cette ouverture à l’expérience. Carl Rogers en tant qu’homme de science s’est attaché à décrire ce processus. Il valide son approche en montrant par quels stades peuvent passer les clients au cours d’une thérapie centrée sur la personne. Par conséquent, je vais tenter de décrire brièvement quels sont les aspects de ce processus.

Une confiance accrue en sa propre évolution

Pour commencer, ce processus implique un changement dans la manière d’éprouver son « expérience immédiate ». En effet, la personne passera d’une approche éloignée de cette expérience (c’est-à dire sans perception réelle de ses sentiments, avec la sensation que les éléments de cette expérience sont extérieurs à elle) à une prise de conscience de cette expérience comme fait interne. En bref, Elle passera d’une perception d’objet à  celle de sujet de son existence. L’individu ira vers une ouverture pleine à son expérience. Aussi, celle-ci aura pour conséquence positive une confiance accrue en sa propre évolution. Il y a un rapprochement entre le moi idéal et la conception que la personne à d’elle-même.

Pour poursuivre plus en détail, je vais citer quelques caractéristiques de ce processus. Tout d’abord, je vais présenter ce que Rogers a nommé « l’expérience du moi potentiel ». Pour l’auteur, c’est le début de la prise de conscience d’un vaste champ d’expérience sans pour le moment qu’il soit encore relié au MOI. Le client dans la sécurité de la relation thérapeutique commence à explorer divers aspects de son expérience sans les déformer. Pas encore sujet de cette expérience, un potentiel chez la personne commence à s’entrevoir.

L’effet de l’apprentissage de son propre amour

Ensuite, un autre aspect du mécanisme de changement, est le fait que le client commence à accepter les sentiments positifs provenant du thérapeute. Cette acceptation de recevoir des sentiments positifs est un passage primordial dans la thérapie. En effet, pour certains la grande difficulté à accueillir un sentiment positif est lié à une peur d’être détruit, la personne se sent en grand danger. Quand elle fait l’expérience que rien de cet ordre ne se passe, alors se produit une détente et les peurs s’estompent. Ce passage de l’acceptation de sentiments positifs permet d’aller vers une autre étape : « l’affection à l’égard de soi-même ». Je laisse imaginer ce que ce résultat peut transcender dans la réalisation d’une personne et dans la tournure nouvelle de sa vie. Toujours est-il que, selon Rogers, faire l’apprentissage de son propre amour est la porte d’accès de l’ouverture à l’expérience vécue par le client. Ici, il ne s’agit pas de venir alimenter quelque chose de l’ordre de l’égo, non il s’agit davantage de renouer avec quelque chose de vivant qui nous permet de retrouver une confiance en notre être.

Une vie pleine, de belles perspectives

Je termine donc la description du processus d’une vie pleine qui, comme tout processus, reste en perpétuel mouvement. De mon côté, j’essaie d’être le plus souvent possible au contact de ce processus. Quand cela est le cas, je peux vérifier l’exactitude de ses 4 bienfaits que sont la liberté, la créativité, la socialisation et une plus grande conscience de soi. Je m’aperçois également que l’aspiration de beaucoup de personnes va dans ce sens. Que serait le monde si un maximum de gens pouvait vivre de ce processus de vie pleine. Carl Rogers dans ses nombreuses expérimentations nous laisse entrevoir de belles perspectives.


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